Google a rendu hommage le 17 juin à l’artiste algérien M’hamed Issiakhem, commémorant sa naissance. Selon, le journal Huffpost-Maghreb, l’artiste avait donné à la peinture algérienne moderne ses lettres de noblesse avant même l'indépendance. M'hamed Issiakhem, disparu voilà trente ans, a imprimé un style propre à l'art plastique algérien et son legs éternel est encore visible dans les musées, bien sûr, mais aussi dans des lieux publics où son trait est reconnaissable entre tous. Artiste accompli touchant à tous les domaines des arts plastiques, M'hamed Issiakhem avait apporté sa touche, si particulière et qui en a inspiré tant d'autres, à des œuvres cinématographiques et littéraires. Fondateur de l'Union nationale des arts plastiques (Unap), il s'est aussi consacré un temps à l'enseignement. Peintre au trait de pinceau très expressif, M'hamed Issiakhem a aussi réalisé des billets de banque et des timbres postaux, outre les nombreuses fresques murales qui ornent les rues d'Alger M'hamed Issiakhem était aussi dessinateur de presse et créateur de décors pour des films comme «La voie» de Slim Riad ou «Poussières de juillet», réalisés pour le télévision algérienne avec son compagnon de toujours, l'écrivain, poète et dramaturge Kateb Yacine, qui lui avait donné le surnom d' «œil de lynx». Sa relation avec Kateb Yacine, rencontré à Paris au début des années 1950, se traduisait souvent dans les œuvres de chacun d'eux par des poèmes et des textes illustrés ou des toiles agrémentées de poèmes manuscrits à l'exemple de la plaquette «Issiakhem, œil de lynx et les Américains, trente-cinq années de l'enfer d'un peintre».
Né en 1928 dans le village d'Aït Djennad en Kabylie, M'hamed Issiakhem avait fait ses classes à la société des Beaux-Arts d'Alger en 1947, avant de rejoindre l'Ecole des Beaux-Arts d'Alger, puis celle de Paris où il est admis après une exposition dans une galerie parisienne. A 16 ans, il perd trois membres de sa famille et se voit amputé du bras gauche suite à la manipulation d'une grenade ramassée près d'un camp militaire français. Après le drame, Issiakhem vivra toute sa vie meurtri dans sa chaire et dans son âme et son œuvre sera définitivement marquée du sceau de la douleur.